Freeride 12 Avril 2016 Retour à la liste
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Patrick Vuagnat sort sa plume ...

Patrick Vuagnat était il y a quelques semaines à Sella Nevea en Italie.

Préparez votre imagination, il nous raconte son trip ...

Patrick Vuagnat sort sa plume ...

"A une époque où les trois consones du préfixe « www » donnent accès à l’information universelle au bout des dix doigts du premier venu, il est bien difficile de garder un secret caché aux yeux de la face d’un monde, qui a  rétrécit au fur et à mesure que l’on y a facilité les trajets et la communication entre des pôles jusqu’alors distants. Tout ou presque semble avoir été vu, fait et découvert pour maintenant rentrer dans une phase de raréfaction.

Le secret spot, sein graal du rider, ce coin de poudre aux formes avantageuses et à la faible fréquentation, est au cœur du tourbillon globaliste du partage et du like. Fort heureusement, la notion de secret spot reste toute relative, le secret spot de l’un n’étant pas forcément celui de l’autre. L’aventure commence au pas de sa porte pour celui qui est prêt à la cueillir …et qui accessoirement a une paire de skis chargée sur le toit de sa voiture.

Le coup de fil de mon ami autrichien Alex m’a tout de suite mis la poudre à l’oreille. Sella Nevea, un coin authentique taillé pour le freeride dans le massif du Canin. Les frontières de cet eldorado se confondent entre  Autriche, Slovénie et Italie comme en témoigne les vestiges des guerres successives. Soit 770 km à mettre au compteur depuis  Genève. Après avoir traversé des paysages de cartes postales on tire le frein sur le parking de la station ou une cinquantaine de véhicule tout on plus se sont échoués sur la glace qui le recouvre. A 1190m d’altitude, la micro-station  est dépouillée d’attrait, quelques édifices de béton au gout douteux et une pizzeria. On se perdra donc pas son temps ici mais plutôt à préparer notre sacs pour les nuits en refuge qui nous attendent.

C’est chargé comme des cyclistes  du tour de France que l’on prend les gros œufs orange du téléphérique qui constitue l’une des 3 remontées du domaine. La montée survole une très large foret que les récentes chutes de neige nous enchantent d’avance à l’idée d’aller sillonner. Une option qui va s’avérer salutaire pour les 2 jours suivants  qui seront sujets à une météo capricieuse. L’autre spécialité locale étant la spéléologie, le terrain recèle de failles et pièges taillés dans la roche dont il faut se méfier suivant l’enneigement.

A 1850m, le refuge Gilberti est sans conteste l’endroit où loger. De début Décembre à fin Avril Irene et Fabio y accueillent les randonneurs et skieurs. Pas avares en bavardage ni en grappa, Irene et une de ces personnes au sourire malicieux et contagieux, qui a le chic pour vous faire passer une soirée mémorable, même après une journée  galère confrontés au jour blanc. Fabio lui, sort de ses fourneaux de quoi nous régaler de plats locaux, on frôle l’implosion.

Le lendemain, on se réveille la peau retendu et à pied d’œuvre pour se payer le luxe des premières traces en peaux dans les 30cm tombés dans la nuit. Olive sur la pizza, on enchaine ensuite les rotations de benne jusqu’au 2400m du col qui délimite la frontière Slovaque. De l’autre côté, la station de Bovek qui est malheureusement fermée depuis les chutes de neige records d’il y a deux ans qui ont emporté la gare d’arrivée du téléphérique. De point donne directement accès à une crête qui déroule sur des centaines de mètres  une multitude de lignes. Pour l’anecdote c’est la même année que les ricains de TGR y sont venus y filmer Almost Ablaze. Le terrain par sa topographie à 360° ressemble grosso modo  un gigantesque bowl, hérissé au choix de spines, couloirs, grandes faces ouvertes et d’immense falaises. C’est le pied absolu, et quand l’envie nous prend de pousser les peaux de l’autre côté d’un versant, le terrain se trouve alors démultiplié. Forza Italia."


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