Trail running 26 Octobre 2017 Retour à la liste
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Benoit Girondel : "À la base je n'aimais pas courir..."

A 31 ans, le Drômois a signé la performance de sa vie en remportant le Grand Raid de la Réunion. Mais l’athlète Julbo, membre du team Asics, est loin d’être le coureur le plus médiatique de la planète trail. Alors, qui est l’homme qui se cache derrière cette victoire démente ? Réponses…

Benoit Girondel :


Benoît, te voilà de retour chez toi cinq jours après ton arrivée victorieuse au stade de la Redoute. Première question, certes banale mais essentiel, mais comment ça va ? 

« Ça commence à aller mieux, j’ai quelques douleurs encore mais honnêtement ça va beaucoup mieux. Le samedi j’ai passé ma journée à récupérer et c’était vraiment dur et dès le dimanche midi, ça commençait à aller mieux. » 


Tu partages le même maillot que Xavier (Thevenard)*. Lors de la Diagonale, on l’a vu très présent à tes côtés. Quel a été son rôle dans cette conquête ? 

« Xavier on se voit trois fois par an. A La Réunion, il m’a apporté calme et sérénité. J’ai essayé de m’inspirer de cela. Son état de fatigue ne lui a pas permis de prendre le départ. Mais ce n’est pas pour qu’il est resté à ruminer au logement. Il était là durant la nuit pour les ravitaillements et il était également là présent à l’arrivée. Il possède quand même une grosse expérience et cela a été précieux. Il m’a donné des conseils qui auront été utiles dans cette longue bataille.» 


Justement, tu sembles être animé par le même état d’esprit que lui ? 


« Oui, on se rapproche la-dessus. On est des compétiteurs, certes. Mais ce n’est pas pour le dossard que l’on s’aligne sur de l’ultra. La motivation c’est la découverte, les nouveaux challenges. Et partager de nouvelles expériences. » 


Xavier et Benoit lors de conférence de presse pré-course.

 


Un peu comme lorsque tu pars rouler une journée complète en vélo…


« Ah, oui ! Je voulais faire des heures. La veille, j’avais fait 65 kilomètres à pied dont 25 en course. Et le lendemain, un copain est venu me chercher pour un tour de 250 kilomètres en vélo ! C’était vraiment bien. On part un peu à l’aventure… » 


Justement, tu as débuté ton parcours sportif par le vélo…


« Oui c’est ça. J’ai roulé sur la route au Club de Bourg les Valence avant de rejoindre Chambéry. Mais à un moment, j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour de la question. Je fonctionne au défi, à la découverte de nouvelles choses, c’est ce qui me fait avancer. A la base, je n’aimais pas trop courir et avec un pote, on s’était mis en tête de courir la Sainte-Lyon. »

 

On est quand même très loin de l’esprit du Grand Raid…


« Oui, peut-être ! C’était en 2010 et déjà je trouvais c’était un peu un truc de fou de relier Saint-Etienne à Lyon en courant et de nuit. J’y suis retourné l’année suivante (en améliorant son temps de 1h52 au passage) et je me suis assez rapidement tourné vers l’Ultra. » 


En parallèle de ta carrière à pied, tu travailles pour la SNCF. Peux tu nous en dire plus…


« Je suis vendeur de billets à la Gare de Romans sur Isère et je fais aussi des escales. Je suis rentré lundi soir à minuit et le mardi midi j’étais au boulot. La direction de la SNCF a suivi les résultats,  j’ai répondu à une interview du service communication lors de mon retour. Avant la course, je ne vais pas sur les réseaux sociaux, je suis un peu comme Xavier là-dessus. En revanche, j’ai pris connaissance de tous les messages des potes mais aussi des collègues de boulot dès le samedi… Ils étaient à bloc pour me suivre, ça fait plaisir ! Quand je suis retourné bosser, il y avait une affiche dans la gare pour me féliciter, c’est énorme ! Les gens qui me connaissent savent que mon quotidien c’est le sport. Ils étaient heureux pour moi de savoir que j’avais atteint mon objectif. »

 

Parle nous de ton attachement au Grand Raid ? 


"J’étais venu en 2013 et j’avais terminé à la 6e place. Et à cette époque, je m’étais dis « Pourquoi pas » ? En fait, cette victoire ça fait quatre années que je l’avais en tête. L’ambiance là-bas est unique. Les locaux courrent avec nous sur certaines portions, c’est une vraie fête populaire et il y a de l’engouement partout. C’est leur Tour de France à eux ! Et j’ai tout de suite aimé l’idée de traverser cette île. C’est une aventure.»


Lorsqu’on a atteint son Graal avec une victoire comme celle de la Réunion, est-ce difficile de se projeter sur le futur ? 


« Pour l’instant, je n’ai rien en tête. Le Grand Raid a été une grande souffrance et j’étais content de passer la ligne pour que tout cela s’arrête. Je ne sais pas si je retournerai là-bas. Pourquoi pas. Avec le repos et la prise de recul, je me dis qu’il est possible d’améliorer mon temps… Je n’ai pas encore tracé mon planning de course de l’an prochain. Je crois que je suis un peu addict au sport et je ne vais pas tarder à retourner me promener. Je pense reprendre l’entraînement sérieusement mi-novembre. Je n’exclue rien. »



Benoit en pleine course.




*Ne s’estimant pas suffisamment remis de l’UTMB où il avait terminé à la 4e place, Xavier Thevenard a préféré ne pas s’élancer sur la Diagonale des Fous. 

 

Benoit Girondel en bref 
31 ans  

Team : Asics 

Facebook : https://www.facebook.com/girondelbenoit/


Palmarès : Vainqueur du Grand Raid de la Réunion (2017) ; 6e en 2013
Vainqueur Endurance Trail (2014-2016)
4e UT4M 160 (2017) ; 7e Trans Gran Canaria (2017)

 

Retour en images sur la course

 

Interview réalisée par Fred Machabert

 


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