Voile 07 Novembre 2016 Retour à la liste
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L'Everest des mers droit dans les yeux

Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Romain Attanasio (Etamine du Lys – Famille Mary), équipés par Julbo, ont pris, ce dimanche 6 novembre aux Sables d’Olonne, le départ du Vendée Globe. Devant les étraves de leurs bateaux se dresse l’Everest des mers : un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Une aventure grandeur nature pour nos deux skippers de l’extrême. Nous les avons suivis du regard de leur arrivée au ponton jusqu’à la zone de départ, en passant par le chenal bordé de dizaines de milliers de spectateurs. . Embarquez avec eux pour 2 minutes 30 riches en émotions.

L'Everest des mers droit dans les yeux

Immersion avant le grand départ. 

Questions / réponses avec les deux skippers

Arnaud Boissières repart pour un tour

Septième en 2009, huitième en 2013, le skipper du monocoque "La Mie Câline" s’apprête à entrer dans le cercle très fermé des triples « tour-du-mondistes » ! Arcachonnais d’origine et Sablais d’adoption, « Cali » nous parle du Vendée Globe, de son bateau, de ses lunettes Julbo... et de son bébé qui vient de naître !

Arnaud, tu viens d’être papa, pour la deuxième fois. Comment gères-tu cette situation alors que tu pars pour un nouveau tour du monde ?

« Ça me booste ! Et cela donne une autre dimension à mon aventure, encore plus de valeur. C’est un peu pour mon fils que je le fais aussi. J’aurai de belles choses à lui raconter quand il sera plus grand. Il pourra être fier de son papa. Et il a déjà sa première paire de lunettes Julbo ! À peine né, Jérôme (ndr : Hervoir, représentant de la marque dans le grand ouest) m’a envoyé une jolie paire de Looping pour lui. »

Pourquoi repartir ?

« Pour dessiner une nouvelle histoire, écrire une nouvelle trace. Pour revivre des trucs intenses. Retrouver cette mer et ces lumières si particulières, notamment dans des endroits magiques comme le cap Horn. Et puis le Vendée Globe, c’est un défi technique car les bateaux sont complexes. J’y vais pour m’éprouver, me dépasser, me mettre dans le rouge, faire des erreurs mais me rattraper. »

Après deux belles places d’honneur lors des deux dernières éditions, quels sont tes objectifs cette année ?

« Finir déjà ! Un Vendée Globe c’est toujours un saut dans l’inconnu... Ça n’a rien d’anodin de faire un tour du monde. Mais oui, j’ai une ambition, celle d’arriver dans les dix premiers. Ce serait déjà pas mal, sachant qu’on est plusieurs à avoir des bateaux de même génération, à l’image de celui de Tanguy (de Lamotte). Ce sont des machines fiables. J’ai vite pris mes marques à bord du mien. C’est presque un demi-frère de celui que j’avais avant et c’est une belle évolution. En un an et demi, on a mine de rien beaucoup navigué tous les deux. On est prêt ! »

Lui donnes-tu un surnom ?

« Parfois je l’appelle "pépère" ! J’ai beau lui parler gentiment, il m’engueule parfois, quand je tire un peu trop dessus... Je sais qu’il est plus fort que moi, alors je le respecte. Il y a en tout cas un lien très fort, qui va se renforcer pendant ces trois mois en mer qui nous attendent. »

Tu es en quelque sorte "le local de l’étape". Tu es toujours parmi les plus acclamés lors du passage du chenal. Quelles émotions ressent-on à ce moment-là ?

« Ça prend aux tripes ! Tu as beau t’y préparer, c’est très émouvant. Le stress monte, en même temps que l’excitation. Il y a quatre ans, j’avais un journaliste à bord. En descendant du bateau, il a fondu en larmes... Ce sont des émotions très fortes. J’ai toujours été impressionné par la foule qui se masse de part et d’autre. Étant installé aux Sables d’Olonne depuis longtemps, les gens me connaissent davantage. On m’appelle souvent par mon prénom et parfois même par mon surnom (ndr : "Cali", en référence au dessin animé du poussin ronchon Calimero). Je me charge de tout cette énergie positive, ça donne une motivation supplémentaire. »

Place à la question bateau... On mange quoi à Noël sur un Vendée Globe ?

« Du foie gras, qu’on conserve sous vide d’ici là, et une bonne bouteille de vin rouge ! Un bon Bordeaux, avec un vrai bouchon, que je consomme bien sûr avec modération ! Sinon, en nourriture lyophilisée, je suis assez fan des pâtes à la carbonara. Et puis j’apprécie les bons petits déjeuners, les mini breakfast, surtout dans les mers du sud, quand il fait froid et que ça tape, ça donne le moral et la pêche ! »

En parlant de pêche... As-tu déjà pêché pendant une course, exception faite des poissons volants qui peuvent atterrir sur le pont du bateau ?

« Jamais ! J’ai essayé une fois lors d’un convoyage retour, mais ça allait trop vite. De toute façon, je serais un peu embêté pour préparer du poisson avec la cuisine que j’aie à bord... »

Et les lunettes Julbo, on y vient enfin... Que penses-tu d’elles ?

« Je les adore ! Ce sont des lunettes efficaces en termes de protection et elles ont un super look, sportif, dynamique, qui va dans le sens de mon projet. Je porte mes lunettes partout, tout le temps, le matin, la nuit, qu’il fasse beau ou pas. Je vis et je navigue avec mes Julbo ! Si elles ne sont pas sur mes yeux, elles sont sur mon front. Avant le départ, je les avais d’ailleurs sur le front lors d’une soirée avec les éleveurs de Challans. C’est à ça qu’on reconnaît un voileux ! »

Pour finir, comment décrierais-tu le Vendée Globe en un mot ?

« Énorme. »

Arnaud Boissières en bref...

44 ans, troisième participation au Vendée Globe (7e en 2009, 8e en 2013)

Nom du bateau : La Mie Câline

Son profil : « Cali », comme il est affectueusement surnommé dans le milieu de la course au large, a attrapé le virus de la course au large le jour où son papa l’a emmené accueillir les héros des mers à l’arrivée aux Sables d’Olonne. Depuis, cette passion ne s’est jamais démentie. Après deux expéditions autour du monde à bord de son oiseau noir Akena Vérandas, Arnaud court maintenant sous les couleurs de la Mie Câline. Ça tombe bien, l’homme, souriant et déconneur, croque la vie à pleines dents. Tout juste papa pour la deuxième fois, il faudra encore compter avec lui, ses bonnes blagues, son franc parler et sa motivation intacte. Adopté par les Sablais, l’Arcachonnais d’origine rêve d’un nouveau top 10, voire mieux. Talentueux marin, il en a évidemment les moyens.

Ses paires de lunettes Julbo : Wave et Coast

 

 

 

 

Romain Attanasio, tout schuss autour du globe

En 2008, Samantha Davies, sa compagne, prenait le départ de son deuxième Vendée Globe. Quatre ans plus tard, Romain Attanasio (Famille Mary - Étamines du Lys), néo skipper Julbo, part pour la première fois à l’assaut de l’Everest des mers, lui le montagnard d’origine... Confidences.

Romain, ça fait quoi de se dire qu’on part pour son premier tour du monde ?

« C’est un mélange de plein de sentiments, d’excitation, d’appréhension, de tension, de joie... C’est la course à laquelle je veux participer depuis toujours. Ça fait vingt ans que j’y pense ! Alors me dire que je suis aujourd’hui au départ, c’est déjà quelque chose d’incroyable. Mais j’ai eu tellement d’occupations ces derniers temps que je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser et donc d’y penser. Je vais vite réaliser une fois en mer ! »

Le Vendée Globe, ça évoque quoi pour toi ?

« C’est la course ultime, la plus incroyable, la plus délirante. Tout grand montagnard rêve un jour de gravir l’Everest. Nous, les coureurs en solitaire, on a une obsession : le Vendée Globe. Il a quelque chose d’extrême. Je vais essayer de prendre du plaisir, même si je sais que je vais vivre des moments difficiles. Je vais chercher à me dépasser, à repousser mes limites, tout en restant raisonnable, prudent. J’ai une famille qui m’attend... »

Un mot sur ton bateau ? Il a une vraie histoire...

« Oui, il a eu plusieurs vies. Son premier propriétaire n’était autre que Catherine Chabaud, qui courait sous les couleurs de Whirpool. À l’époque, c’était le top ! Il est passé par les plus grandes écuries de course au large. Aujourd’hui, c’est le plus vieux de la flotte. Mais c’est un bateau fiable, qui compte cinq tours du monde à son actif ! Il sait où il va, on peut lui faire confiance... On l’a tout de même intégralement démonté et on a tout contrôlé cet hiver. Il lui fallait une petite cure de rajeunissement et notamment un nouveau gréement. Tanguy (de Lamotte) a mis 98 jours pour boucler le Vendée Globe il y a quatre ans avec lui. »

Tu parles de ton bateau comme d’une personne...

« Oui, c’est en quelque sorte un ami ! Ce lien personnifié, je le ressentais encore plus au début de ma carrière. Je me rappellerai toute ma vie de mon premier bateau de course au large, un Mini 6.50. J’y ai mis tout mon temps et toute mon argent, j’avais un rapport quasi humain avec lui. Mais en 1999, dans une grosse tempête dans le Golfe de Gascogne, j’ai chaviré et il a coulé... Un bateau, on lui parle tout le temps. Parfois, je m’assois et j’engage une discussion à haute voix. Il m’arrive de l’engueuler aussi, dans le feu de l’action, quand il ne répond pas comme je veux. On forme un couple. L’un ne va pas sans l’autre. »

Sam (Davies) a fini quatrième du Vendée Globe en 2008-2009 après 95 jours de mer. L’homme de la maison a-t-il secrètement la volonté de faire mieux ?

« Non, il n’y a aucune compétition entre nous ! J’ai un projet plus modeste, ça n’a rien de comparable. Et puis Sam avait remarquablement navigué. Je vais juste essayer d’appliquer tout ce que j’ai appris en vingt ans de voile au niveau professionnel. L’objectif est simplement de finir, histoire de réaliser mon rêve. »

Tu as dû puiser de précieux conseils auprès d’elle...

« Bien sûr. Au niveau de la nourriture par exemple, elle m’a conseillé de varier énormément les repas. 100 jours c’est long. En trois mois, les goûts changent, donc j’ai même embarqué des plats que je n’aime pas... Mais aussi pas mal de trucs pour me remonter le moral : du chocolat, des amandes, des boîtes de bonbons, des mini bouteilles de coca... Je peux me permettre quelques entorses, parce que je ne pars pas pour gagner ! »

C’est l’heure de la question bateau... Quelle est la musique en tête de ta playlist embarquée ?

« Je suis très musique française. J’ai par exemple l’intégrale de Francis Cabrel ! Je me fais beaucoup chambrer sur les pontons avec ça. Mais j’ai aussi du Led Zeppelin, le plus grand groupe de rock de tous les temps à mes yeux ! Vu que c’est une musique enivrante, dans les mers du sud, ça devrait être parfait... »

Avant les mers du sud, il y a la descente de l’Atlantique, mais aussi la traversée du Golfe de Gascogne pour commencer. C’est un gros morceau d’entrée. Comment gère-t-on le sommeil dans cette première partie de course ?

« On dort très peu les premières heures de course, parce que le Golfe de Gascogne est très difficile à naviguer. On n’est pas encore amariné (ndr : les marins du Vendée Globe souffrent pour la plupart du mal de mer au départ d’une course), le bateau est lourd, la météo est souvent délicate et il y a beaucoup de trafic. La vigilance est donc extrême. On s’autorise des tranches de sommeil de 10 à 20 minutes maximum, mais il faut veiller à ne pas se mettre dans le rouge. Une fois le Cap Finisterre franchi, on peut prendre un rythme un peu plus tranquille. Mais en général, sur un cycle de 24 heures, on ne dort pas plus de 4 à 5 heures. »

Tu rejoins les rangs du team Julbo. Quel regard portes-tu sur la marque ?

« C’est ce qui se fait de mieux pour naviguer dans de bonnes conditions, avec une bonne vision. J’ai découvert les lunettes Julbo avec Groupama. Je suis ravi de faire partie du team aujourd’hui. Les lunettes me plaisent beaucoup, je suis fier de les porter. Et puis on a en commun l’amour de la montagne... »

Quelles sont les principales similitudes entre ces deux univers ?

« Une course au large c’est comme une expédition en montagne : tu sais quand tu pars, mais pas quand tu reviens ! Quand tu traverses un océan ou quand tu gravis une face, tu ne peux pas abandonner. Tu es seul face aux éléments, confronté à la puissance de la nature. Tu dois la respecter. Et notre harnais de sécurité, c’est notre ligne de vie... »

Comment Romain le montagnard est-il devenu Romain le skipper ?

« C’est grâce à un grand-oncle qui avait un bateau et avec qui j’ai passé de nombreuses vacances en mer. J’ai choisi la voile au grand désespoir de mon grand-père qui était guide de haute montagne, l’un des créateurs de la station de Vars, traceur olympique et entraîneur de ski alpin... Vous imaginez la déception ! Une de mes tantes a aussi été membre de l’équipe de France à la fin des années 70, aux côtés des sœurs Goitschel. Je reste très attaché à la montagne. Chaque année je participe au Trophée Mer et Montagne et pas un hiver ne passe sans que j’aille skier. »

Pour finir, peux-tu décrire le Vendée Globe en un mot ?

« L’Everest, bien sûr ! »

Romain Attanasio en bref... 39 ans, première participation au Vendée Globe

Nom du bateau : Etamine du Lys - Famille Mary *

Son profil : En 2008, Samantha Davies, sa compagne, prenait le départ de son deuxième Vendée Globe. Quatre ans plus tard, Romain, nouveau venu au sein du team Julbo, part à son tour à l’assaut de l’Everest des mers, lui le montagnard d’origine... Issu d’une famille de skieurs de haut niveau, originaire des Hautes Alpes, il a découvert la mer et la voile avec un grand-oncle. Très vite passionné par la navigation, il a fait ses classes en sport-études à La Baule. En 1999, il s’engage dans la Mini Transat. Cette première expérience de la course au large faillit lui coûter la vie... Sauvé in extremis par un cargo après un chavirage, il connaît les dangers. Après dix ans en Figaro et en équipage à bord des plus grands multicoques de la planète, Romain touche enfin son rêve du bout des doigts.

Ses paires de lunettes Julbo : Pipeline, Wave


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