Voile 08 Décembre 2016 Retour à la liste
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Romain Attanasio, histoire de famille

En 2008, Samantha Davies, sa compagne, prenait le départ de son deuxième Vendée Globe. Quatre ans plus tard, Romain Attanasio (Famille Mary - Étamines du Lys), néo skipper Julbo, part pour la première fois à l’assaut de l’Everest des mers, lui le montagnard d’origine... Confidences.

Romain Attanasio, histoire de famille

A l'heure où nous écrivons ces lignes Romain a mouillé à Simonstown en Afrique du sud pour réparer ses safrans, touchés vraisemblablement par un OFNi (Objet Flottant Non Identifié). On lui souhaite tout le courage et bien sûr de repartir pour boucler son tour du monde.

 

 

Romain, ça fait quoi de se dire qu’on part pour son premier tour du monde ?

« C’est un mélange de plein de sentiments, d’excitation, d’appréhension, de tension, de joie... C’est la course à laquelle je veux participer depuis toujours. Ça fait vingt ans que j’y pense ! Alors me dire que je suis aujourd’hui au départ, c’est déjà quelque chose d’incroyable. Mais j’ai eu tellement d’occupations ces derniers temps que je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser et donc d’y penser. Je vais vite réaliser une fois en mer ! »

 

Le Vendée Globe, ça évoque quoi pour toi ?

« C’est la course ultime, la plus incroyable, la plus délirante. Tout grand montagnard rêve un jour de gravir l’Everest. Nous, les coureurs en solitaire, on a une obsession : le Vendée Globe. Il a quelque chose d’extrême. Je vais essayer de prendre du plaisir, même si je sais que je vais vivre des moments difficiles. Je vais chercher à me dépasser, à repousser mes limites, tout en restant raisonnable, prudent. J’ai une famille qui m’attend... »

 

Un mot sur ton bateau ? Il a une vraie histoire...

« Oui, il a eu plusieurs vies. Son premier propriétaire n’était autre que Catherine Chabaud, qui courait sous les couleurs de Whirpool. À l’époque, c’était le top ! Il est passé par les plus grandes écuries de course au large. Aujourd’hui, c’est le plus vieux de la flotte. Mais c’est un bateau fiable, qui compte cinq tours du monde à son actif ! Il sait où il va, on peut lui faire confiance... On l’a tout de même intégralement démonté et on a tout contrôlé cet hiver. Il lui fallait une petite cure de rajeunissement et notamment un nouveau gréement. Tanguy (de Lamotte) a mis 98 jours pour boucler le Vendée Globe il y a quatre ans avec lui. »

 

Tu parles de ton bateau comme d’une personne...

« Oui, c’est en quelque sorte un ami ! Ce lien personnifié, je le ressentais encore plus au début de ma carrière. Je me rappellerai toute ma vie de mon premier bateau de course au large, un Mini 6.50. J’y ai mis tout mon temps et tout mon argent, j’avais un rapport quasi humain avec lui. Mais en 1999, dans une grosse tempête dans le Golfe de Gascogne, j’ai chaviré et il a coulé... Un bateau, on lui parle tout le temps. Parfois, je m’assois et j’engage une discussion à haute voix. Il m’arrive de l’engueuler aussi, dans le feu de l’action, quand il ne répond pas comme je veux. On forme un couple. L’un ne va pas sans l’autre. »

 

Sam (Davies) a fini quatrième du Vendée Globe en 2008-2009 après 95 jours de mer. As-tu secrètement la volonté de faire mieux ?

« Non, il n’y a aucune compétition entre nous ! J’ai un projet plus modeste, ça n’a rien de comparable. Et puis Sam avait remarquablement navigué. Je vais juste essayer d’appliquer tout ce que j’ai appris en vingt ans de voile au niveau professionnel. L’objectif est simplement de finir, histoire de réaliser mon rêve. »

 

Tu as dû puiser de précieux conseils auprès d’elle...

« Bien sûr. Au niveau de la nourriture par exemple, elle m’a conseillé de varier énormément les repas. 100 jours c’est long. En trois mois, les goûts changent, donc j’ai même embarqué des plats que je n’aime pas... Mais aussi pas mal de trucs pour me remonter le moral : du chocolat, des amandes, des boîtes de bonbons, des mini bouteilles de coca... Je peux me permettre quelques entorses, parce que je ne pars pas pour gagner ! »

 

C’est l’heure de la question bateau... Quelle est la musique en tête de ta playlist embarquée ?

« Je suis très musique française. J’ai par exemple l’intégrale de Francis Cabrel !(NLDR: Sam a l'air d'apprécier que Romain écoute du Cabrel sur son bateau et non pas à la maison :) ) Je me fais beaucoup chambrer sur les pontons avec ça. Mais j’ai aussi du Led Zeppelin, le plus grand groupe de rock de tous les temps à mes yeux ! Vu que c’est une musique enivrante, dans les mers du sud, ça devrait être parfait... »

 

Avant les mers du sud, il y a la descente de l’Atlantique, mais aussi la traversée du Golfe de Gascogne pour commencer. C’est un gros morceau d’entrée. Comment gère-t-on le sommeil dans cette première partie de course ?

« On dort très peu les premières heures de course, parce que le Golfe de Gascogne est très difficile à naviguer. On n’est pas encore amariné (ndlr : les marins du Vendée Globe souffrent pour la plupart du mal de mer au départ d’une course), le bateau est lourd, la météo est souvent délicate et il y a beaucoup de trafic. La vigilance est donc extrême. On s’autorise des tranches de sommeil de 10 à 20 minutes maximum, mais il faut veiller à ne pas se mettre dans le rouge. Une fois le Cap Finisterre franchi, on peut prendre un rythme un peu plus tranquille. Mais en général, sur un cycle de 24 heures, on ne dort pas plus de 4 à 5 heures. »

 

Tu rejoins les rangs du team Julbo. Quel regard portes-tu sur la marque ?

« C’est ce qui se fait de mieux pour naviguer dans de bonnes conditions, avec une bonne vision. J’ai découvert les lunettes Julbo avec Groupama. Je suis ravi de faire partie du team aujourd’hui. Les lunettes me plaisent beaucoup, je suis fier de les porter. Et puis on a en commun l’amour de la montagne... »

 

Quelles sont les principales similitudes entre ces deux univers ?

« Une course au large c’est comme une expédition en montagne : tu sais quand tu pars, mais pas quand tu reviens ! Quand tu traverses un océan ou quand tu gravis une face, tu ne peux pas abandonner. Tu es seul face aux éléments, confronté à la puissance de la nature. Tu dois la respecter. Et notre harnais de sécurité, c’est notre ligne de vie... »

 

Comment Romain le montagnard est-il devenu Romain le skipper ?

« C’est grâce à un grand-oncle qui avait un bateau et avec qui j’ai passé de nombreuses vacances en mer. J’ai choisi la voile au grand désespoir de mon grand-père qui était guide de haute montagne, l’un des créateurs de la station de Vars, traceur olympique et entraîneur de ski alpin... Vous imaginez la déception ! Une de mes tantes a aussi été membre de l’équipe de France à la fin des années 70, aux côtés des sœurs Goitschel. Je reste très attaché à la montagne. Chaque année je participe au Trophée Mer et Montagne et pas un hiver ne passe sans que j’aille skier. »

 

Pour finir, peux-tu décrire le Vendée Globe en un mot ?

« L’Everest, bien sûr ! »


Romain Attanasio en bref...

39 ans, première participation au Vendée Globe

Nom du bateau : Etamine du Lys - Famille Mary

Son profil : En 2008, Samantha Davies, sa compagne, prenait le départ de son deuxième Vendée Globe. Quatre ans plus tard, Romain, nouveau venu au sein du team Julbo, part à son tour à l’assaut de l’Everest des mers, lui le montagnard d’origine... Issu d’une famille de skieurs de haut niveau, originaire des Hautes Alpes, il a découvert la mer et la voile avec un grand-oncle. Très vite passionné par la navigation, il a fait ses classes en sport-études à La Baule. En 1999, il s’engage dans la Mini Transat. Cette première expérience de la course au large faillit lui coûter la vie... Sauvé in extremis par un cargo après un chavirage, il connaît les dangers. Après dix ans en Figaro et en équipage à bord des plus grands multicoques de la planète, Romain touche enfin son rêve du bout des doigts.

Ses paires de lunettes Julbo : Wave

Julbo Wave

 

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