Gasherbrum II : savoir quand changer d’objectif

Cette année, les conditions dans le massif du Gasherbrum étaient loin d’être faciles. Des parois sèches, d’énormes quantités de glace et très peu de fenêtres de beau temps, le tout combiné à une chaleur comme je n’en avais encore jamais connue en montagne.

Cette année, les conditions dans le massif du Gasherbrum étaient loin d’être faciles. Des parois sèches, d’énormes quantités de glace et très peu de fenêtres de beau temps — le tout combiné à une chaleur comme je n’en avais encore jamais connue en montagne.

Pour Jérôme et moi, il est rapidement devenu évident que nous n’aurions aucune chance sur le G4. Nous avons donc décidé de changer d’objectif et de tenter une nouvelle voie sur le Gasherbrum II.

En montagne, il faut savoir changer d’avis. Parfois, la meilleure décision n’est pas de poursuivre à tout prix l’objectif que l’on s’était initialement fixé, mais d’avoir la lucidité de lire les conditions, de s’adapter et de trouver un nouvel objectif. Pour moi, cela aussi fait partie de l’alpinisme.

Le 18 juillet, alors que tout était prêt, une nouvelle surprise nous attendait : des écoulements d’eau et des chutes de pierres constantes, même à très haute altitude, entre 6 000 et 7 000 mètres.

Pendant ce temps, les conditions sur la voie normale étaient également compliquées. Les expéditions présentes sur la montagne étaient bloquées par l’importante quantité de neige accumulée entre 7 000 et 8 000 mètres.

Nous avons vécu une journée mouvementée et confuse au Camp 1, à 6 000 mètres. Les expéditions commerciales ne savaient pas quoi faire et aucune stratégie claire ne se dessinait, alors qu’il ne restait que trois jours de beau temps.

Nous avons décidé de redescendre au camp de base, de nous réorganiser et de tenter une ascension rapide — exactement comme nous aimons le faire.

Une ascension rapide vers le sommet

Le 20 juillet, Teto, Eti et moi sommes partis. En seulement 5 heures et 50 minutes, nous avons atteint le Camp 2, à 6 500 mètres, où nous nous sommes reposés quelques heures. Nous y avons retrouvé nos amis autrichiens Benji et Egon. À 20 h, nous sommes repartis tous les cinq pour l’ascension finale vers le sommet. Au Camp 3, nous avons rejoint les autres alpinistes et Sherpas présents sur la montagne. Grâce à un formidable travail d’équipe, nous avons tous atteint le sommet du Gasherbrum II, à 8 035 mètres, à 10 h 30. Être là-haut tous les cinq a été un moment de joie incroyable. Partager cette montagne avec des amis aussi précieux va bien au-delà de l’alpinisme. Nous avons immédiatement entamé la descente et, à 20 h, après 24 heures d’effort, nous étions de retour au camp de base. Fatigués, mais conscients d’avoir vécu quelque chose de spécial au cours d’une saison particulièrement difficile.

Au-delà du sommet

Avec le temps, j’ai appris que ce ne sont pas toujours les ascensions les plus difficiles qui laissent les traces les plus profondes.

Celles qui restent sont celles que l’on vit le plus intensément, celles que l’on partage avec des amis de toujours — celles où l’on se bat ensemble jusqu’au tout dernier mètre.

Un immense merci à Eti, Teto, Egon et Benji.

Et merci également à Je, pour son soutien et ses encouragements.

François Cazzanelli

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